La police aux trousses

En effet, dès son retour de Néris, le curé de Nocq a écrit au juge de paix d'Huriel la lettre suivante :
 

"Monsieur le juge de Paix,

Mon domicile a été violé par Fargin-Fayolle malgré la résistance de ma parente. Il a menacé de forcer les portes, il s'est emparé de mon fusil et de celui de Labre, a fouillé ma chambre. Plus tard, il a envoyé Gilbert Millet, de Bouesse et le maréchal de Bourzeau s'emparer de mon sabre, autre violation de domicile. Tout cela s'est pas-sé en mon absence.
Agissez, nous avons besoin d'un exemple,
votre dévoué serviteur,
Duluc»


L'abbé Duluc ne tirera pas bénéfice de cette plainte car il va mourir à Pardeux, à l'âge de 50 ans, le 22 juin 1849, c'est-à-dire sept jours après.
Au reçu de la missive du prêtre, le juge de paix d'Hune!, Guérin, a écrit au sous-préfet de Montluçon : Huriel, le 15 juin 1849


«Monsieur le Sous-Préfet,
J'ai l'honneur de vous donner avis que notre ville est menacée de l'entrée de 7 à 800 personnes armées. Nous ignorons le but de cette manifestation et quelles en seront les conséquences. Cette bande campe à 2 kilomètres environ de notre cité depuis ce matin. Veuillez je vous prie, prendre les mesures que vous jugerez utiles».


De son côté, la brigade de gendarmerie d'Huriel adresse un rapport au lieutenant de gendarmerie de Montluçon.
Aussitôt mises au courant, les autorités s'inquiètent. Le sous-préfet transmet la lettre du juge de paix au Procureur de la République. Ce dernier fait appel au juge d'instruction Berthomier des Prost et au greffier en chef Grozieux de la Guérenne. Tous les trois prennent la direction d'Huriel, en voiture à cheval, deux heures après. N'ayant rien vu d'alarmant en route, les trois hommes ne jugent pas utile de se rendre à la Brande des Mottes et font donc demi-tour non sans s'être entretenus avec les autorités locales.
Dès leur retour à Montluçon des mandats d'arrêt sont lancés contre Sommerat, Vincent et Pailheret. Ces deux derniers sont aussitôt arrêtés mais Sommerat qui a disparu, échappe aux recherches.
Le parquet général, à son tour, est informé de l'affaire. Il envoie de Riom à Montluçon le conseiller Valentin Smith et le conseiller auditeur Gilbert Vidal pour remplir les fonctions de juges d'instruction. Ils seront accompagnés du substitut général Bertrand et des greffiers Jean-Baptiste Benoît et Jean Boutarel. 43 mandats d'arrêt seront lancés par eux.
C'est alors l'affolement général. Certains se cachent et ne seront jamais appréhendés, tel Mialot, de Bouesse, qui restera trois jours dissimulé dans un grenier à foin au hameau de Chambérat. Il n'en est pas de même pour certains qui, se croyant tranquilles, vont pourtant être inquiétés.

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