DES ÉLECTIONS A L'EXPÉDITION DE ROME

Mais, revenons aux élections présidentielles qui ont lieu le 10 décembre 1848. En voici le résultat sur le plan national :
Suffrages exprimés : 7 317 344.

Louis Napoléon Bonaparte : 5 434 226

Général Cavaignac : 1 448 107.

Ledru-Rollin : 370 834


Dans le département de l'Allier :
Louis-Napoléon Bonaparte : 42 113

Ledru-Rollin : 14 104

Cavaignac : 5 422

Lamartine : 39


Le 20 décembre, l'Assemblée Nationale siège, présidée par Armand Marrast.
Waldeck Rousseau, chargé du rapport sur l'élection présidentielle, paraît à la tribune mais on ne l'écoute guère. Le général Cavaignac alors se lève et déclare : «Citoyens représentants, je remets en vos mains les pouvoirs qui m'ont été confiés». L'assemblée applaudit et Armand Marrast, au nom du peuple, proclame Louis Napoléon Bonaparte, président de la République et ce dernier entre dans la salle, très lentement, habit et gants blancs ceint du cordon de la Légion d'Honneur.
Au lendemain des élections, le président Louis Napoléon montre pourtant de l'embarras et de la timidité. Il a en effet été élu par le peuple mais non par l'assemblée composée de Légitimistes et d’Orléanistes. Ces deux groupes, s'ils s'unissent, peuvent rétablir la royauté. La maitresse de Louis Napoléon, Miss Howard et son chef de cabinet, Mocquart, le poussent à faire un coup d'Etat. Mais il faudra attendre deux années avant de voir se réaliser ce Coup d'Etat du 2 décembre si bien préparé par le demi-frère du Président-Empereur, Charles de Morny avec l'aide du duc de Persigny.
Les Républicains, de leur côté, pressentent la catastrophe. Napoléon prépare une expédition militaire pour remettre en place le Pape Pie IX, chassé par Mazzini et Garibaldi et en fuite à Gaète. Afin de manifester contre ces préparatifs militaires, les Républicains déclenchent une émeute dans le quartier Saint-Martin. Napoléon résiste et l'assemblée croit le moment venu d'abattre les «sociaux».
Le 31 mai, elle vote une loi qui épure" le suffrage universel et raie des listes électorales trois millions d'ouvriers. C'est alors que Ledru-Rollin demande la mise en accusation du président de la République. Le 13 juin, les représentants de la Montagne déclenchent à nouveau une émeute à Paris, au Conservatoire des Arts et Métiers, cette fois.
Les Montluçonnais, bien sûr, suivent avec intérêt, les événements de la capitale, grâce notamment, aux articles du journal «La Réforme». Les nouvelles sont envoyées par Sartin et Sébastien Fargin-Fayolle à Me Grozieux de la Garenne, beau-père, rappelons-le, de Roch Fayolle. Ils le font sous différentes formes, pour tromper la surveillance de la police.

 

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