George Sand

 

Amandine Aurore Lucile Dupin est née en 1804 à Paris. Son père, mort accidentellement, était officier d'Empire. Elle est alors élevée par sa grand-mère paternelle, fille du maréchal Maurice de Saxe. Aurore est donc l'arrière- petite-fille du roi Auguste II de Pologne. Elle s'est éteinte dans son château de Nohant en 1876. À13 ans, elle entre au couvent à Paris où elle reste 3 ans. Elle revient à Nohant chez sa grand-mère qui décède l'année suivante en 1821. Aurore se marie en 1822 avec François Dudevant, un baron d'Empire avec lequel elle a deux enfants.

Après l'échec de son mariage, elle retourne à Paris en 1831 où elle rencontre un écrivain, Jules Sandeau, originaire d'Àubusson (Creuse). Ensemble, ils écrivent un livre qu'ils signent Jules Sand. L'année d'après, en 1832, elle rédige seule son premier roman «Indiana» qu'elle signe George Sand. Elle est un auteur prolifique avec environ 130 œuvres dont 110 romans et nouvelles. Elle écrit quotidiennement plusieurs lettres à ses proches et pour l'anecdote détient le record de la plus longue missive avec 71 pages manuscrites.

En 1833, elle rencontre Alfred de Musset. C'est à cette époque qu'elle commence l'écriture de ses romans passionnels dont, en 1835, « Mauprat » dans lequel on peut lire une splendide description du château de La Roche Guillebaud (Saint Eloy d'Allier). En 1835, elle fait la connaissance de Michel de Bourges et se tourne vers la politique. Elle fonde «La revue indépendante» puis «La revue sociale». Cette implication reste très importante et en 1846 elle publie «La politique et le socialisme». Ses détracteurs l'appellent même «La Baronne rouge» et ses ouvrages sont le reflet de ses idées avancées. En 1848, au moment de la Révolution, elle participe à la rédaction du bulletin de la République avec Ledru-Rollin. Mais, après les journées de juin 1848, elle se retire de la vie politique parisienne et commence sa vie champêtre en Berry.

C'est le début des romans campagnards comme «François le Champi», «Jeanne» écrit en 1844 et dont l'action se passe aux Pierres Jaumâtres à Toulx Sainte Croix (Creuse) ainsi que «Les Maîtres Sonneurs» en 1853. Dans ce dernier, rédigé entre «La Mare au Diable» et «La Petite Fadette», elle décrit la musique populaire des sonneurs, ces hommes qui jouent pour le plaisir de jouer sans tirer bénéfice de leur art.

Dès 1840, à Nohant, Pauline Viardot (une célèbre cantatrice) et Frédéric Chopin cherchent à noter les chansons et la musique berrichonnes, il est très vraisemblable que, en soulignant la richesse de la musique paysanne, George Sand songe à transformer le roman en livret d'opéra et qu'elle entretienne Charles Gounod de ce projet. Elle a la chance d'avoir des grands-parents musiciens et a appris à jouer du clavecin, de la harpe, du piano et de la guitare. Elle est aussi l'amie de Franz Lizt qui, sans doute sous l'influence de George Sand, recueille de 1840 à 1846 les chants de sa Hongrie natale et imprègne ses rhapsodies de musique tzigane.

Pour ses recherches, George Sand vient souvent dans le pays d'Huriel sur les routes des Maîtres Sonneurs. On note ainsi que les personnages du roman, par exemple Huriel ou Archignat, ont pris le nom de certaines communes traversées par le sentier qui relie Huriel à Saint Chartier dans l'Indre.

De cet itinéraire va naître en 1991 un chemin de randonnée balisé de 175 km. En effet, dès 1989, une centaine de personnes représentant les 35 communes entre Huriel et Saint Chartier se sont réunies pour retrouver et faire revivre ce chemin. Roman en main, ils ont cherché les sentiers suivis par le muletier Huriel et ses amis tout en essayant de rester le plus fidèle possible au texte. Plus de 100 ans après, les Berrichons et les Bourbonnais sont de nouveau ensemble sur ce chemin.

Ce roman est avant tout celui de la musique populaire avec en toile de fond les croyances occultes, les traditions secrètes et les rites d'initiation de deux terroirs voisins, le Berry, ceux du blé, et le Bour­bonnais, ceux du bois.